Nom du drapeau en bambara : le mot à 1 million $ !
Le français ou les autres langues internationales ont fini de phagocyter les langues africaines. Cela s’est vérifié lors de la journée d’intégration des étudiants Maliens au Sénégal que j’ai vécue l’année dernière à l’Ecole Nationale d’Economie Appliquée (ENEA).
« Un peuple abâtardi par l’histoire, un peuple au squelette cassé à recréer… » Ce passage du livre « Un chant écarlate » de Mariama Bâ me semble bien fondé pour parler de la jeunesse Africaine si elle n’arrive plus à parler sa langue encore moins celle qu’elle prétend parler.
J’ai assisté à la journée d’intégration des étudiants Maliens organisée par l’Amicale des Elèves, Etudiants et Stagiaires Maliens au Sénégal (AEESMS). Et ce qui a attiré mon attention, c’est un jeu qui a été organisé lors de cette cérémonie. Il s’agissait de répondre à des questions en bambara (langue nationale du Mali) sans y mettre un mot en français. Trouver le nom du drapeau en langue malienne, dire pourquoi le dimanche est le jour des mariages au Mali (comme le chantent Amadou et Mariam « le dimanche à Bamako, c’est le jour des mariages ») , trouver l’équivalent du mot siècle, dire les jours de la semaine, bref parler du 100% bambara étaient l’exercice qui a été soumis aux étudiants du pays de ATT. Nombreux sont ceux qui ont tenté de venir à bout de l’exercice en vain. Sur une assistance de plus de cent personnes, seules quelques unes (une dizaine) sont arrivées à parler, pour quelques minutes, leur langue sans dire un seul mot en français. Cela non sans prendre beaucoup de temps pour penser.
Ce fait n’est cependant pas forcément un phénomène exclusif aux étudiants Maliens. Si on soumettait le même exercice aux jeunes des autres pays africains, ils seraient surement dans l’incapacité d’en venir à bout. Les jeunes sénégalais, guinéens, pour ne citer que ceux-là, auront sans doute du mal à parler leurs langues pour quelques minutes sans se surprendre en train d’ajouter un mot d’une autre langue.
C’est désolant. Tout ce qu’on peut dire, est qu’il n’y a plus de langue pour la nouvelle génération africaine. Non seulement elle n’arrive pas à parler correctement la langue maternelle mais aussi le français qu’elle prétend parler laisse à désirer : un être hybride. La question qu’on est tenté de se poser est celle de savoir : si l’Afrique pourrait amorcer son développement dans cet état de fait ? Quel est le chemin à choisir ? Répondre à cette question serait un grand pas vers le développement
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