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Nondigalaxie
29. nov.
2010
TIC
4

SMS, son amour du moins son « sport » favori

J’ai entendu, au cours de la semaine dernière, que les jeunes guinéens étaient interdits de toute envoie de SMS. Les autorités auraient demandé à tous les opérateurs téléphoniques de verrouiller ce service. Les pauvres ! Ils en souffrent. J’ai d’ailleurs reçu l’appel d’une amie qui en pleurait vu l’état de vache maigre qu’elle vit actuellement ; difficile de recharger son téléphone. Mais le problème ne se trouve pas en Guinée.

Revenons Sénégal. J’ai pensé à  une telle situation au pays de la téranga : comment elle sera vécue ? Si les jeunes guinéens en souffrent, je connais un ami qui pourrait peut être en mourir. La preuve, c’est l’histoire qui suit.

23 heures dans une chambre de campus à l’Université de Dakar. Presque tout le monde est au lit, certains ronflent déjà. C’est normal ; il y a cours le lendemain. Dans ce calme, accompagné bien sûr par la mélodie des ronfleurs, le téléphone sonne : « clin clin, j’ai un message pour toi » annonce une voix féminine. Ce petit bruit ne réveille certes pas ceux qui dorment mais pour ceux qui regardent encore le plafond cela ne laisse pas indifférent. A voir comment l’amis lisait ce message, un gros sourire qui fend la bouche jusqu’à l’oreille, on se rend compte qu’il s’agit d’un « cheri t m mank » ou « bb  gtm, dor b1 » bref d’un message d’amour. Les connaisseurs de SMS savent décrypter ces mots quelle que soit la manière dont ils ont codés.  

SMS, rester en contact à moindre coût

Revenons à nos moutons. Cette première sonnerie n’est que le début d’une longue série de SMS d’amour qui doivent pleuvoir tout au long de la nuit. Mais pourquoi choisir cette période de la nuit pour tchatcher ? La réponse est simple pour mon ami : les SMS ne coûtent que 5 F CFA des fois à pareille heure s’il y a promo sinon c’est à ce moment que sa conjointe est disponible. Donc 200 F de crédit font 40 SMS pour lui s’il y a promo, de quoi  faire une nuit blanche : « L’avantage du SMS est qu’on peut dire beaucoup de chose avec peu de frais en prenant tout son temps. J’écris plus de messages que je n’appel directement. C’est mon sport favori. Je crois que je ne pourrais pas passer une seule journée sans SMS ». C’est donc la meilleure manière (SMS) pour un pauvre étudiant de rester en contact avec son amour qui est loin sans débourser beaucoup d’argent parce que l’appel coûte cher surtout quand il s’agit de vouloir parler tous les jours à son âme sœur.

Et si le service SMS était verrouillé ? Alors on sent la confusion après cette question. Un effort tout de même et la réponse : « Ce serait comme se réveiller le matin sans prendre son petit déjeuner »    

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25. nov.
2010
Société
9

Dakar et ses « cars rapides »

Le car rapide

Si vous débarquez pour la première fois à Dakar et que vous voyez  un « dinosaure » s’approcher de vous n’ayez pas peur. C’est juste un car. Il s’appelle le car rapide. Ce car, un tas de fer, tellement maquillé avec tant de couleur qu’on a du mal à en distinguer fait parti du décor de la ville.

Lorsqu’on dit Dakar à quelqu’un qui y a séjourné il pense probablement à tous ces vieux cars qui sont bons pour la casse mais qui rendent énormément de service à ces nombreux sénégalais qui n’ont pas le temps d’attendre un bus ou pire de s’arrêter dedans jusqu’à destination. Ils préfèrent le car rapide qui est certes vieux mais qui offre une place assise.

Débarrasser la capitale sénégalaise de ces cars serait comme séparer un homme de son cœur. C’est trop dit peut être mais c’est une question très difficile à résoudre. D’ailleurs cela n’est pas le sujet de cet article. Je me suis toujours demandé pourquoi on les appelle « cars rapides ». Pour connaitre la réponse montez dans le car rapide et on y va.

Supposons qu’on doit être à un rendez-vous dans 30 mn. Maintenant à bord d’un car attendant que l’apprenti fasse signe au chauffeur pour le départ. Ce dernier doit juste taper sur la portière arrière avec une pièce pour que le chauffeur bouge mais il semble qu’il nous a oubliés. Et oui ! Il a oublié ceux qui sont déjà à l’intérieur. Il est parti à la recherche d’autres passagers. Il faut que tout le monde menace de descendre pour qu’il dise enfin à son patron de bouger. On aurait déjà perdu une dizaine de minute.

Le chauffeur a enfin pris le départ. Un ouf de soulagement. Ne croyez pas que c’est tout. L’apprenti réclame les frais de transport à tout le monde. Ainsi il peut faire ce qu’il veut sans que personne ne le menace parce qu’il a déjà son argent. Le chauffeur accélère un moment pour arriver vite à un deuxième point d’arrêt juste après quelques mètres. Ça y est. L’apprenti reprend son jeu. Il part très loin à la recherche de clients au point que même si le chauffeur est prêt à partir il faut l’attendre pour quelques minutes et même si vous voulez descendre vous ne pouvez pas ; vous avez déjà payé. C’est encore une dizaine de minutes de perdu.

Et ainsi de suite jusqu’à ce que vous arrivez en retard à votre rendez-vous. Et finalement j’ai eu la réponse à ma question : on les appelle « cars rapides » par ironie. Mais les sénégalais les préfèrent aux bus qui sont toujours plein à craquer.

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22. nov.
2010
Politique
3

Chronique d’un jeune guinéen qui voit un avenir incertain pour son pays

Une destination incertaine

La République de Guinée entre dans une nouvelle ère de son histoire d’une manière insolite comme ce fut le cas le 28 septembre 1958. Après l’organisation de sa première élection démocratique, la Guinée a du mal à se débarrasser de ses  vieilles habitudes acquises à la fin du règne du feu général Lansana Conté. Il s’agit tout simplement des manifestations violentes hors-normes dans la rue.

Enfin, la démocratie tant souhaitée est maintenant au seuil du pays qui a croqué 52 ans de dictature et d’autoritarisme. Mais, les deux fils guinéens qui étaient en lice pour la présidentielle refusent de saisir cette opportunité pour l’intérêt supérieur du peuple. Ce n’était pas limpide au départ pour tous que le seul mot d’ordre est de ramener les militaires dans les casernes ! Alors, que Paul gagne ou Pierre. Peu importe, c’est le peuple de guinée qui sort vainqueur de ce rude et long périple. 

Le peuple n’a-t-il pas fait tous les sacrifices ?

Le 28 septembre 1958, est une date qui atteste l’engagement sans faille ni doute du peuple guinéen à prendre à bras le corps son destin. Mais certains dirigeants ont refusé catégoriquement d’adopter la même idéologie. Pour ne pas s’éterniser dans la sphère de l’histoire, disons que le peuple était tout prêt à se sacrifier pour l’obtention d’une condition de vie meilleure. Par illustration sur le plan économique avec le fameux projet de ‘’Garafiri’’, qui n’a épargné aucune couche de la société. Tous ceux qui avaient l’étiquette de guinéen étaient contraints de mettre la main à la poche, même les mendiants, pour financer ce projet d’électrification du pays. Hélas, ce fut un véritable désenchantement après la concrétisation de ce projet.

Sur le volet politique, c’est le comble. Tous les sacrifices ont été effectués, jusqu’à perdre des âmes (la chose la plus chère pour une nation). Presque toutes les manifestations de contestation ont été réprimées dans le bain de sang. Et là, c’est la jeunesse qui a payé la plus lourde tribu (évènements de janvier et février 2007, 28 septembre 2009, etc.).

Une jeunesse sans repère.

La situation sociopolitique du pays s’empire du jour au lendemain. Actuellement la société guinéenne est minée par deux catégories de jeunesse : une qui se bat au quotidien pour subvenir à 10% de ses besoins et une autre qui commence à perdre espoir et repère s’il y en a. Les Universités guinéennes sont devenues des gros centres de formation annuelle des chômeurs. Elles déversent sur le marché d’emploi des jeunes innocents diplômés qui deviennent plus tard des fervents acteurs du secteur informel (petits commerces, gérants de cabines téléphoniques, etc.). Et de surcroît, des recherches attestent qu’une promotion universitaire n’a jamais été embauchée depuis 1984 à nos jours. A cela, s’ajoute un faible taux de retraités, pour ne pas dire qu’il n’y a presque pas de retraités. Le pays fonctionne avec des vieux des années 50 tandis que les jeunes se cherchent misérablement dans d’autres secteurs tels que le commerce, l’enseignement (reste à désirer), l’armée,…

Le président américain Barack Obama n’a-t-il pas, quand il affirmait le 11 juillet 2009 au Ghana que le tribalisme, le népotisme et la corruption sont les ennemis du progrès. Comment le pays connaîtra le progrès ou le développement si nous sommes minés par les vices dont Obama fait allusion ?  

Ce qui est claire comme l’eau de roche, c’est qu’après 52 ans de « souveraineté », la Guinée a à tout reprendre à zéro. Aucun domaine n’est à négliger. Les cinq ans à venir seront de la quinine à avaler pour le premier président démocratiquement élu.

Gata Doré, étudiant guinéen à Dakar 

 

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16. nov.
2010
Société
9

Elle vend du sexe et « c’est Dieu qui l’a voulu »

Image: www.rewmi.com

Le plus vieux métier du monde élit, de plus en plus, domicile à Dakar. Un tour dans quelques coins et recoins de la capitale sénégalaise dans la nuit vous donne l’impression d’être perdu tant la journée les gens sont religieux mais la nuit « tous les chats sont gris ».

J’ai plusieurs fois entendu parler de ce coin de Dakar où le sexe se vend la nuit. Alors j’ai décidé une nuit d’y faire un tour pour savoir réellement ce qui s’y passe. Il est environ minuit lorsque j’arrive sur les lieux. Alors que les uns se pressent pour rentrer chez eux, d’autres viennent juste de commencer leur activité. Sur un grand carrefour, des taxis, une dizaine, sont immobilisés, des filles qui n’ont pas besoin de décliner leur identité inondent l’endroit. Mini jupe, pantalon moulant, bref tout ce qui peut exciter un homme est au rendez-vous. Les clients aussi ne manquent pas. Seul hic, le service semble onéreux. Alors que j’observais il y a, en effet, un jeune client qui s’est approché de moi et a engagé la conversation. Il me dit « affaire bi daffa cher » (comme pour dire ça coûte cher). Une fille lui aurait demandé 10 000 F CFA pour la passe soit un peu plus de 10 euros.

Les taxis de la prostitution

Difficile de décrocher une d’entre elle sans se mettre dans la peau d’un client. Et bien j’ai tenté le coup. Je croise alors une fille bien roulée qui ne laisse personne insensible. Elle m’explique, en me prenant bien sûr pour un désireux, que la passe coûte 10 000 F CFA si le client ne veut pas aller dans un hôtel, dans ce cas elle le conduit chez elle. Cette somme inclue les frais de transport aller  et retour dans un taxi. Les taxis qui sont immobilisés sont donc leurs partenaires de travail qui attendent aussi des clients. Ils se chargent de transporter les prostituées et reçoivent en contrepartie un pourcentage sur la somme qu’elles encaissent. Elle continue son explication : « les hôtels coutent entre 7000 et 10 000 F CFA, ce qui fait environ 20 000 F pour un client qui souhaiterait satisfaire sa libido à l’hôtel.

Argent ou désir sexuel ?

Pourquoi cette fille est-elle une prostituée ? C’est la question qui m’est passée dans la tête et que je lui ai demandée après avoir hésité longtemps. Elle hésite et me demande pourquoi cela m’intéresse. « Rien, juste pour le plaisir de le savoir. En tout cas tu ne donne pas l’ère d’une personne qui fait ça pour l’argent ». Elle me répond : «c’est Dieu ». Comment ça Dieu ? « J’ai le loyer à payer qui coûte 125 000 F (environ 200 euros). J’ai des frères en Europe qui me m’envolent de l’argent mais cela ne couvre que les frais du loyer. Je dois pourtant satisfaire mes autres besoins comme les habilles et produits pour filles »

Finalement j’ai compris qu’elle est dans ce métier pas parce qu’elle est pauvre, puisque c’est l’une des raisons qu’on donne souvent, mais parce qu’elle a plus d’ambition que ces moyens. Elle a loué, en effet, selon ce qu’elle m’a dit, un appartement dans un quartier résidentiel de Dakar où le loyer coûte excessivement cher alors qu’elle aurait pu se trouver un logement deux ou trois fois moins cher que ce qu’elle occupe et utiliser le reste de l’argent que ses frère lui envoient pour ses autres besoins. Mais elle a choisi la facilité et c’est « Dieu qui l’a voulu ». 

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13. nov.
2010
Société
1

Vivre de son art à Dakar

Ils sont des « Baye Fall » mais ne sont pas dans la rue pour mendier contrairement à certains de leurs amis de la même confrérie. Ils, ce sont les artistes de l’Espace de Création Cheikh Ibra Fall (ECIF) créé en 2000 sur la corniche ouest de Dakar. Ils vivent ainsi de la « sueur de leur front » comme le recommande le mouridisme.

Les vrombissements et klaxons des véhicules et les vagues de la mer se mêlent au vent. C’est la corniche ouest en direction du centre ville. Sur le côté droit de la route, sur un monticule se dresse une plaque qui saute à l’œil. Il y est inscrit « Espace de Création Cheikh Ibra Fall » avec une image de profil de ce dernier, un disciple du fondateur du mouridisme, Cheikh Ahmadou Bamba. Derrière la plaque, des baraques. Devant l’une, un homme, des cheveux en rasta avec une écharpe noire nouée autour du cou. Boubacar Barry, artiste sculpteur, est matinal sur les lieux pour dépoussiérer des statuettes et les exposer au bord de la route. Des antilopes, des lions, des oiseaux et d’autres animaux, tous en bois, sont des œuvres qui reçoivent des coups de torchon de l’homme.

Il est 8 heures, difficile de décrocher quelqu’un ce matin ; tout le monde semble occupé. Dès que quelqu’un arrive, il lance un « salam alaikoum » à ses amis trouvés sur les lieux qui répondent à leur tour « alaikoum salam » et se précipite vers une des baraques. On entre dans ces dernières et on en ressort avec une œuvre à exposer et ainsi de suite jusqu’à épuiser la quantité se trouvant à l’intérieur.

Des « Baye faux »

Après avoir fini ce premier travail du matin, Boubacar Barry a accepté de nous parler des activités qui se font sur les lieux: « C’est un village des « Baye Fall » qui a été crée en 2000 pour la création artistique. Ici il y a des sculpteurs de bois, de pierre, des peintres. Il y a également des gens qui font de l’art figuratif, des soudeurs métalliques, bref nous faisons tout. Il suffit juste de faire une commande et nous allons la fabriquer. » Du coup, il change de ton pour fustiger le comportement de certains jeunes « Baye Fall » qui croient que la seule issue c’est de tendre la main. Avec une voix plus élevée il martèle : « Ce centre a été créé pour pousser les jeunes à se nourrir de la sueur de leur front. Je déplore le comportement de ceux qui se font appeler « Baye Fall » pour quémander dans la rue. Je les appelle des « Baye faux ». Un jeune doit faire appel à son esprit, à son imagination pour faire quelque chose qui lui rapporte de l’argent au lieu de déranger les gens. Cheikh Ibra Fall est quelqu’un qui a toujours aimé le travail, donc ses adeptes doivent suivre ses pas et non tendre la main ».

Inspiration religieuse

Sur leur inspiration, les jeunes de centre n’y vont pas par quatre chemins. Ils affirment presque tous qu’ils s’inspirent de la religion notamment de leur confrérie, le mouridisme et surtout de leur marabout, Cheikh Ibra Fall.

« Le sénégalais ne connait pas l’art »

Sur le plan financier ces artistes ne se plaignent pas même si la clientèle n’est pas encore au rendez-vous ce matin. C’est du moins l’avis de notre interlocuteur qui dit d’un air rassuré «Nous gagnons notre vie ici et Dieu merci ». Avant même de terminer sa phrase, un de ses amis qui vient d’arriver nous interrompt pour dire d’une voix plaisantin qu’une œuvre d’art n’a pas de prix sans même chercher à savoir de quoi nous parlons. Aussitôt il passe en courant. Cela est confirmé par Boubacar Barry qui nous confie que le prix dépend du client avant d’ajouter que leur clientèle est essentiellement composée de touristes blancs car, dit-il, le sénégalais ne connait pas l’art.

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09. nov.
2010
Non classé
2

Les bureaux de changes relèguent les banques au second plan à Dakar

La rue Raffenel de Dakar plateau connait une floraison des bureaux de changes. Dans ce milieu, les cambistes se font la concurrence et il s’est développé un véritable marché noir des devises. Dès que vous arrivez sur cette rue, vous êtes interpellé par les intermédiaires qui occupent tous les trottoirs.

Ici, le temps n’est accordé qu’aux clients. Nous avons été refoulés dans plusieurs bureaux où nous avons essayé d’avoir des informations. Finalement, nous avons pu être guidés chez « Père Mbodj », un vieux cambiste qui a accepté de nous parler. Selon Père Mbodj, les clients préfèrent les bureaux de changes aux banques. Il nous explique les raisons : « D’abord nous proposons plus d’argent pour l’achat des devises que les banques mais aussi nous acceptons toutes les monnaies africaines, ce que les banques ne font pas». Ceci est d’autant plus vrai qu’à peine entrés dans une banque, nous avons assisté à une scène. Devant le guichet, se trouvent deux blancs qui parlaient en anglais au guichetier. Après avoir échangé plusieurs billets de dollars, l’un des blancs a voulu faire la même chose de ses billets de franc centrafricain. Le guichetier lui répondit « no bank can change this » (aucune banque ne prend ces billets).

Interrogé sur la quantité d’argent qui circule sur le marché noir, le vieux Mbodj estime qu’elle est incommensurable « on se vend les devises entre nous et même les banques viennent en acheter ici». Il souligne également que les clients ont plus d’avantages dans les bureaux que dans les banques parce que « Dans les banques, on ne peut pas acheter plus de 2000 euro ou dollars tandis que chez nous il n’y a pas de barrière. Et aussi, par exemple, si la banque vend le dollar aujourd’hui à 510 FCFA, nous, nous pouvons le vendre un peu moins que ça en rapport à la discussion avec le client ».

Pour connaitre les taux de change dans les banques nous avons fait un tour à la SGBS d’où on nous a conduits dans une autre banque. Après une longue attente, nous avons rencontré le chargé de ce service qui a refusé de nous livrer des informations en disant, sur un ton méchant, « Ici on ne donne pas les informations comme ça, allez dans les autres banques » et il s’adresse à son vigil d’un ton autoritaire « Il ne faut pas faciliter l’accès à mon bureaux à ces gens-là ».

Sur cette activité des cambistes, Ibrahima Dial, étudiant en master finance à la Faculté des Sciences Economiques et Gestion (FASEG) de l’UCAD, nous affirme : « Le travail des cambistes est légal. Les cambistes sont chargés de faire l’arbitrage sur le marché. Ils font les opérations à la place des clients qui peuvent être des particuliers, des banques, entreprises etc.» Il ajoute que ce secteur influe sur le marché financier mais il reste toutefois supervisé par l’Autorité de Régulation du Marché.

 Amara Soumah et Mamadou Barry

 

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Article : Dakar vit le retour des talibés
Société
9
1 novembre 2010

Dakar vit le retour des talibés

La loi sur la mendicité au Sénégal est-elle tombée en désuétude ? Était-elle du bluff ? Le gouvernement voulait-il tester les chefs religieux ? En tout cas les mendiants sont de retour.

Il y a à peine quelques mois (août 2010) que le gouvernement sénégalais avait lancé une chasse aux mendiants à Dakar. Parmi eux, des enfants de moins de 12 ans : les talibés, originaires des zones rurales et d’autres pays de la sous-région. Une loi interdisait donc ce que le gouvernement sénégalais a appelé « la traite des personnes ». Le Premier ministre, Souleymane Ndéné Ndiaye, avait déclaré, suite à un conseil interministériel consacré à la lutte contre ce phénomène, que « tout mendiant trouvé dans les rues aura affaire aux forces de l’ordre ». La menace avait belle et bien été suivie d’effet ; les rues de la capitale avaient été « assainies ». Certains marabouts responsable de la mendicité des enfants ont été jugés et condamnés.

Mais s’agissait-il d’une réelle volonté du gouvernement de mettre fin à ce phénomène que  beaucoup de sénégalais déplorent mais taisent pour des raisons qu’on ignore ? En tout cas cette loi semble tombée en désuétude. Il suffit de faire un pas, aujourd’hui, à Dakar pour rencontrer un enfant qui te tient la main ou cour après toi pour demander des pièces. Ces enfants sont complètement de retour et rien se dit à propos. Pas d’écoles, ni de « case des tous petits » pour eux, même pas d’affection parentale. Ils sont laissés pour compte, par des marabouts véreux, dans les rues de  la capitale. Ces enfants sont obligés de rentrer le soir avec une somme d’argent que leur marabout leur impose, faute de quoi ils subissent des sévices corporels.

Les chefs religieux ont menacé  

Lorsqu’on interdit aux gens qui n’ont pas d’autres moyens que mendier, il faut bien trouver autre chose pour eux. La loi n’a donc pas duré parce que certainement il n’y a eu aucune mesure d’accompagnement. Il faut dire aussi que le gouvernement voulait négliger certaines considérations sénégalaises et même africaines qu’il n’est pas censé ignorer. Il s’agit de la croyance aux sciences occultes. Rares sont, en effet, les africains qui ne consultent des marabouts pour telle ou telle chose et il en sort toujours des sacrifices. A qui faut-il les donner ? Sous la menace des chefs religieux, le gouvernement a finalement cédé et Dakar retrouve ses talibés « adorés ».

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Article : Faites un tour à Gorée pour verser des larmes
Société
6
27 octobre 2010

Faites un tour à Gorée pour verser des larmes

C’est une centaine de personnes de tous les horizons qui était là pour visiter l’ile Gorée notamment la maison des esclaves. J’ai vu des gens pleurer quand le conservateur de la maison expliquait la tragique histoire de l’esclavage sur l’ile.

Je ne sais pas qu’est ce qui a retenu mes larmes mais au fond de moi je pleurais lorsque je suis entré dans certaines cellules après l’exposé du conservateur de la maison des esclaves. Je n’étais pas le seul, presque personne n’est restée insensible à cette histoire. Les larmes de certains coulaient pendant qu’on pouvait lire de la tristesse sur les visages d’autres. C’était la désolation au niveau de tous ceux qui m’entouraient pour la visite des cellules. J’avoue que je me suis senti enchainé dans ces petites chambres de 2 mètre carré environ dans lesquelles étaient entassées plusieurs personnes (des esclaves, des marchandises) comme dans une boite de sardine. A chaque catégorie d’esclave une cellule. C’est ainsi qu’il y a la cellule des femmes, celles des enfants, celle des inaptes temporaires, celle des hommes et celle des récalcitrants.

Cette dernière cellule est celle qui m’a le plus donné de la peine. Pour des gens qui voulaient leur liberté, on a fait pour eux un petit couloir (ce n’est vraiment pas une chambre) dans lequel on ne peut même pas s’arrêter : il faut se courber ou s’agenouiller, histoire de s’adapter à la hauteur de la cellule.

Après les cellules nous avons visité les couloirs qui mènent à la porte du voyage sans retour comme la mort. Il s’agit d’une petite porte qui s’ouvre directement sur la mer, c’est par là qu’on embarquait les esclaves dans les bateaux et c’était du « à Dieu l’Afrique ». A l’étage (c’était l’espace réservé, selon le conservateur de la maison, pour le séjour des marchants d’esclaves) sont exposés quelques objets comme les chaines pour les poignés et pour les pieds, des fusils… qui témoignent encore de la douleur qu’avaient endurée les esclaves

J’ai eu non seulement de la peine mais aussi de la haine passagère à un certain moment. Il m’est venu à l’idée de gifler tous les blancs qui étaient autour de moi mais finalement j’ai compris qu’ils ne sont pas responsables, en tout cas la tristesse se lisait sur le visage de certains. Je pense que ce n’est qu’une page noire de l’histoire de toute l’humanité que chacun doit regretter et non pas seulement de l’histoire de la race noire. J’ai compris aussi que Gorée est aujourd’hui un lieu de rencontre de presque toutes les races humaines, enfin un lieu de réconciliation et de pardon.

 

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25. oct.
2010
Non classé
14

Billard: un jeu peu connu au Sénégal

Alors que d’autres font la pluie et le beau temps dans la lutte ou dans le football d’autres ont choisi de faire la gloire dans l’ombre. Ils sont des grands joueurs de billard mais connus seulement par les habitués des Casinos ou des hôtels luxueux.

La Voix de Dégagement Nord (VDN) est illuminée par les lampadaires. Il est 21 heures. En face du siège du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) un bar-restaurant attire par sa plaque lumineuse. C’est « La Fiesta ». Des véhicules sont immobilisés à la devanture. A la porte, deux hommes au physique bien fourni. Un couloir mène à l’intérieur du local. Dedans, une table de billard éclairée par deux lampes suspendues au plafond accueille les clients. A quelques mètres de là le bar. Un homme blanc et une fille Sénégalaise discutent tout en trinquant leur bière.

Il est presque 22 heures lorsque les joueurs de billard commencent à se présenter. Il viennent pour jouer les quarts de finale d’une compétition. Sur la table de jeu, un homme blanc pose des balles dans un triangle qu’il soulève après pour leur donner la forme de ce dernier. C’est le propriétaire de la boîte et l’organisateur du tournoi. M. Daniel Delavelle, profitent alors du retard des compétiteurs pour expliquer : « La participation a été fixée à 6500 F CFA par joueur. Les matchs se jouent à deux manches. Si l’un des joueurs remporte les deux de suite il a gagné. S’il y a égalité une troisième manche est jouée pour les départager. Les lots à gagner sont un lecteur DVD, des équipements, une coupe… » Il coupe pour prendre une gorgée de bière. Il fait un tour de la salle du restaurant et revient. Il change de ton cette fois pour déplorer la non médiatisation de ce jeu au Sénégal alors qu’il y a, pour lui, des talents dans ce pays : « Ce jeu est vraiment mal connu alors qu’il y a des gens qui peuvent concurrencer même les grands joueurs d’Europe. Même la table de jeu ou les équipements sont introuvables à Dakar. Il faut une commande pour les avoirs.»

Entre temps un jeune Sénégalais élancé, habillé en T-shirt et casquette kaki, entre dans la salle. Il sert la main à tout le monde. Sans dire mot il sort son bâton. Il s’abaisse, vise et donne un coup à une balle blanche qui cogne les autres de couleur rouge et jaune. M. Delavelle nous fait savoir qu’il s’appelle Ousmane Benga, l’un des favoris pour le titre. Ce dernier explique qu’il a connu le billard avec des amis qu’il a une fois accompagné au Snooker Palace au centre-ville de Dakar. Depuis ce jour il en est devenu amateur mais ne compte pas faire carrière dedans : « Je ne joue que pour le plaisir et pendant mes temps libres. Ma carrière se trouve dans le business. » lance t-il avec un sourire. Il est 23 heures lorsque le premier match de quart de finale débute. Il oppose Ousmane à Alex Centeo, un Portugais. Le premier confirme son statut de favoris en remportant facilement les deux manches de suite. Il part s’installer au bar pour regarder les prochains matchs dont les adversaires sont encore absents. Des spectateurs le félicitent de sa victoire en lui lançant des « bravo Ousmane ». Il attend ainsi les demies finales qui sont programmées le lendemain.

Quant aux raisons du désintéressement des Sénégalais à ce jeu, elle peut s’expliquer par la cherté. Une table vaut près de 3 000 000 FCFA selon Oumar Sy, l’un des distributeurs que nous avons trouvé sur place. Il est tout de même confiant quant à l’avenir de ce jeu. Il dit d’un air rassuré avec un sourire aux lèvres : « Dans 5 ou 10 ans le billard sera bien connu au Sénégal ».

Pour l’instant, ces champions continuent à faire la gloire dans l’ombre et attendent de voir le jour. jetai a la rtg c pourkoi jai pa pu alé a sabari

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Nondi, rien que ça

Auteur·e

L'auteur: Soumah

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