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Nondigalaxie
25. déc.
2010
Société
2

Noël : les fêtards, les pétards et les vieillards

Noël, la fête des enfants et, incontestablement, des pétards. A Dakar, aucune dérogation à la règle. Des milliers de pétards ont été achetés et partout ce sont des explosions à n’en plus finir. A priori, cela ne doit pas poser problème s’il s’agit seulement de faire la fête. Mais les fêtards ont bien une autre utilisation malintentionnée des pétards et cela désenchante les vieillards.

Commençons donc par le troisième âge qui a du mal encore à s’adapter à tous ces tapages nocturnes. J’étais, la nuit du 24 dans les environs de 20 heures, à côté d’un vieux père qui se plaignait : « On ne va pas dormir bien encore une fois pour longtemps » Pourquoi ? « A cause de cette fête de Noël dont ceux qui la fêtent n’y comprennent absolument rien puisqu’il s’agit d’ailleurs d’une fête importée. Pour eux il s’agit juste d’empêcher les gens de dormir avec tous ces pétards qu’ils font exploser, des fois même, en bas de votre fenêtre.  Les enfants d’aujourd’hui sont mal polis. » Bon, il faut le comprendre. A son époque il n’y avait surement pas tous ces tapages.

Ça fait peur !

Il n’y a pas que cette personne du troisième âge qui se sent concernée par la mauvaise utilisation des pétards. Les fêtards l’utilisent aussi pour faire peur aux gens. Ce chauffeur de taxi qui m’a conduit chez moi en sait quelque chose : « L’année dernière, j’ai failli faire un accident à cause de ces pétards. Vers 22 heures, alors que je circulais dans une rue un peu obscure, des enfants planqués dans un coin jettent devant moi ce truc qui s’allume juste un instant et explose. Surpris, j’ai voulu l’éviter avec un coup de volant et je me retrouve un peu sur le trottoir. Le temps que je descende de la voiture, les fauteurs s’étaient sauvés. Ce jour j’avais vraiment eu peur » Encore une histoire d’une mauvaise utilisation qui a failli coûter la vie à quelqu’un.

Si le chauffeur m’a raconté cette histoire c’est parce que nous venons de vivre un autre cas de peur. Cette fois ce ne sont pas les pétards mais les fêtards : deux jeunes sur une moto sortie de nulle part viennent de virer devant le taxi. Seul un coup magique de frein a pu sauver ces deux hommes qui n’ont pas pensé qu’il y a encore beaucoup de fêtes de Noël à venir. Et au chauffeur de crier « Vous êtes malades ou quoi ? » Fêtards faites attention s’il vous plait pour ne pas rater vos rencarts.

Personnellement, je n’avais pas grand-chose à reprocher aux pétards. Pour moi, c’est le décor de Noël. Et je crois que c’est le cas pour beaucoup de jeunes comme moi parce qu’on ne voyait pas le revers de la médaille. 

 

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21. déc.
2010
Culture
0

FESMAN à Saint Louis : des « ibadous » au concert

J’étais samedi à Saint Louis, une ville à quelques centaines de kilomètres de Dakar, où de grandes stars de la scène musicale internationale et sénégalaise ont fait des prestations dans le cadre du 3ème FESMAN. Une soirée riche en sonorités et en couleurs avec un public chaleureux. « Goana », « Bambou », pour ne citer que ceux-là n’ont laissé personne indifférente.

Salam Diallo (artiste sénégalais), le créateur de la danse Goana, a été incontestablement l’homme de la soirée. Bon, ça se comprend il jouait un match à domicile et d’ailleurs juste après sa prestation, le temps de changer la scène, le public a commencé à quitter les lieux. On dirait qu’il y en a qui ne connaissait pas Capleton qui devrait faire la dernière prestation.

L e FESMAN à Saint Louis c’est aussi des jeunes de la localité qui s’expriment sur l’évènement.  [AUDIO]

[audio:/files/2010/12/Vop-pop-FESMAN-St-Louis.mp3|titles=Vop pop FESMAN St Louis]

C’est aussi une sécurité qui empêche tout rapprochement de la loge des artistes pendant le concert. Pour y accéder on demandait un badge rouge qui est différent de ceux des journalistes. Je me demandais donc pourquoi on nous a livré des badges ? Je n’ai pas trouvé de réponse. Donc pas d’interview possible ou même une petite photo avec une star. C’est aussi Salam Diallo qui se métamorphose en lutteur. Alors que le show était très chaud, Salam disparait de la scène pour revenir quelques minutes après déguisé en lutteur comme dans l’arène sénégalaise et avec tous les rites que les Yekini, Tayson, Balla Guèye 2 et autres font pendant leurs combats. C’est aussi des filles « ibadous » (des filles voilées) qui étonnent tout le monde : à minuit passé elles cherchaient de la place dans le public pour savourer aussi les prestations alors que d’habitude elles n’écoutent même pas de la musique sauf celle religieuse. Ça valait bien un « eh ! Ibadou à un concert ! » prononcé par un jeune un peu indiscret. C’est aussi du chanvre indien qui se fait sentir dans le public lorsque les rastas sont montés sur scène comme pour dire que rasta rime avec chanvre indien. En tout cas le message d’un des artistes jamaïcains était confus : « I don’t smoke cigarette. Cigarette is not good » (Je ne fume pas de la cigarette. Elle n’est pas bonne). Voulait-il dire que c’est le chanvre indien qui est bon ? Tirez en vos propres conclusions. C’est aussi des affiches du festival déchirées.

C’est d’ailleurs la première chose que j’ai constatée dès que j’ai débarqué à Saint Louis. A la gare routière, les seules affiches qui y sont ont été déchirées et ce sont les seules que j’ai remarquées dans la ville.

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17. déc.
2010
Culture
5

FESMAN : leurs mots

Qui a dit que l’Afrique n’a pas participé à l’avènement du monde libre ? Ceux qui le pensent auraient dû assister au forum, organisé dans le cadre du 3ème Festival Mondial des Arts Nègres, sur la participation des peuples noirs à l’avènement du monde libre. J’aimerais bien raconter ce qui a été dit lors de ce forum mais je laisse les acteurs parler pour ne pas altérer les messages. Et puis bon je n’ai pas envie de faire de commentaire sur des propos disons en l’air. Ce n’est que mon avis. Lisez-les et vous me direz à quoi ils servent.

Pr Iba Der Thiam (Sénégal)

« Ce n’est pas seulement pour toute l’Egypte ancienne que l’histoire du monde noir a été falsifiée. C’est à toutes les étapes de l’histoire générale du monde que des falsifications importantes sont intervenues. Quand vous demandez à quelqu’un de quoi est composé le monde libre, il vous site les Etats Unis, le Canada, l’Europe, et même l’Australie. Il ne vous site jamais le rôle que le monde noir a joué. C’est contre cela que nous voulons désormais protester.»

Pr Mor Ndao (Sénégal)

« Le bilan de la seconde guerre mondiale a été établi par les vainqueurs et dans ce bilan, on a tendance à négliger, occulter, voire minimiser le rôle, la part et l’impact du continent africain dans l’édification du monde libre. L’Afrique a contribué de façon sensible sur le plan militaire lors des deux guerres mondiales. Et la force noire qui a été émise en France dès 1902 et qui voit le jour à l’orée des années 1910 a été l’épine dorsale de l’armée qui a été déployée dans les différents théâtres d’opération. »

Pr Djibril Tamsir Niane (Guinée)

« Le monde libre s’est constitué à partir du moment où un vaste mouvement, je dirais satanique, s’est élevé en Europe. Je veux parler du nazisme. Il a prétendu à la conquête du monde pour imposer une certaine dictature. Alors des peuples (y compris l’Afrique) ce sont levés pour barrer la route au nazisme. C’est peuple, à grand trait l’Europe, la France, l’Angleterre, les Etats Unis… le camp de la liberté »

Evelyne Houblon (NMEUA)

« Pour la première fois dans l’histoire, une population d’esclaves, déportée à plus de 8000 km de son territoire d’origine a arraché sa liberté, son indépendance par le combat des mains d’esclavagistes sans foi ni loi. Nous pensons bien entendu aux luttes sans relâche menées par nos ancêtres dans les Antilles qui aboutirent à l’indépendance de Haïti en 1804. Les africains ont ainsi montré le signe qu’ils n’acceptaient pas et n’accepteront jamais de vivre dans des systèmes de soumission… En Guadeloupe, comme en Martinique, aux Etats Unis comme en Amérique latine, la révolte des noirs a sonné la fin de l’esclavage. »

François Wassouni (Cameroun)

« Depuis des époques fort reculées, les hommes ont élaboré des savoirs et des savoir-faire pour exploiter aussi bien les ressources végétales qu’animales pour des besoins vitaux. Le continent africain, berceau de l’humanité est riche en données relatives à cette technologie ancienne. La tradition orale, les vestiges matériels et les fouilles archéologiques ont révélé d’immenses données y relatives dans de nombreuses parties du vieux continent »

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16. déc.
2010
Société
8

Trop de férié on dirait

[AUDIO] Mercredi, 15 décembre, j’ai un rendez-vous à 14 heures. A moins 15 mn je sors sur la route pour emprunter un car. Impossible ! C’est tamkharite (nouvelle année du calendrier musulman). Trop de monde au bord de la route; personne ne veut ratter la fameuse céromonie de Tièrè (coucous sénégalais) qu’on sert dans toutes les familles ce jour de fête. Ce monde m’a obligé d’emprunter un taxi. En fait, à Dakar, le taxi ce n’est pas pour les « have not ». Mais je voulais pas ratter mon rendez-vous alors que le lendemain c’est un jour férié. On dirait qu’il y en a trop au Sénégal mais je laisse des étudiants l’Université de Dakar se prononcer sur la question.

[audio:/files/2010/12/Vox-pop.mp3|titles=Vox pop]
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13. déc.
2010
Culture
5

FESMAN : c’est quoi d’ailleurs la Renaissance africaine ?

La Renaissance africaine, thème principal du 3ème Festival Mondial des Arts Nègres, était au centre d’une table ronde qui s’est tenue, le week-end, dans un hôtel de Dakar. Table ronde lors de laquelle des intellectuels africains étaient appelés à donner leur conception de ce thème.  Plusieurs idées en est sortie mais j’en ai retenu trois, du moins trois m’ont intéressées.

Trop c’est trop. Lorsque l’on parle de Renaissance africaine, je crois que cela devrait plutôt se sentir dans les gestes et non la parole. J’aime bien ce thème mais j’ai l’impression qu’il s’agit plus de parole que d’acte. La preuve, un petit détail mais qu’il ne faut pas négliger, le retard ! Initialement prévue pour 9 heures, la rencontre s’est tenue, avec un retard de deux heures, à 11 heures. Deux heures de perdu pour une journée ! Imaginez que l’Afrique perdait deux heures tous les jours surtout lorsqu’il s’agit de Renaissance africaine. Si tel est le cas, je crois qu’elle ne va pas y arriver.

Je disais que trois idées ont retenu mon attention. D’abord celui du Pr Mamoussé Diagne, président de séance, qui a donné une définition assez claire de la Renaissance. [AUDIO]

[audio:/files/2010/12/EXT-Mamoussé.mp3|titles=EXT Mamoussé]

Ensuite celle de Samba Mboup qui parle des défis à relever. [AUDIO]

[audio:/files/2010/12/EXT-Samba-Mboup.mp3|titles=EXT Samba Mboup]

Enfin celle de Iba Der Thiam qui énumère les conditions sans lesquelles la Renaissance africaine ne serait qu’utopie. [AUDIO]

[audio:/files/2010/12/EXT-Iba-Der.mp3|titles=EXT Iba Der]

De très belles conceptions de la Renaissance africaine ! Mais est-ce que les africains sont prêts à opérer cette rupture ? Je n’en suis pas sûr puisque ceux même qui en parlent n’ont pas pu faire une rupture avec un passé : ce que l’on appelle l’heure africaine. Certains diront que ce sont des détails mais il faudrait que l’africain sache que 9 heures c’est 9 heures et non 11 heures. Time is money.

Enfin, il faudrait aussi que ceux (les intellectuels) qui sont appelés à opérer cette rupture sache qu’un intellectuel ce n’est pas celui qui détourne des biens publics ou qui fait de la corruption. Ce sont là des choses qui n’ont pas été citées lors de cette table ronde mais qui, je crois, sont le gros du problème du continent africain. J’espère qu’ils en parleront lors des prochaines rencontres de ce 3ème FESMAN.

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11. déc.
2010
Société
11

Souvenir d’une Afrique unie

Il était une fois à Castor, un quartier de Dakar, où de pauvres gens donnaient un bon exemple des Etats-Unis d’Afrique aux dirigeants africains. Plusieurs nationalités se côtoyaient dans la pauvreté sans considération d’origine. Hélas ! Ces gens ont été dispersés par une mesure du gouvernement sénégalais qui n’a duré que le temps de son annonce.

Si les dirigeants Africains tergiversent encore sur la question des Etats Unis d’Afrique, ce n’était pas le cas chez certains groupes de personnes qui avaient déjà donné le ton. Oui ! Ce concept se construisait petit à petit hors du champ politique. Il suffisait de faire un tour à Castor pour s’en rendre compte. Sur les lieux se côtoyaient des personnes démunies en quête de moyens de subsistance. Elles vivaient en entente sur le même territoire, dans la même souffrance, malgré leur différence.

Une fois sur place, on ne pouvait que se réjouir de l’intégration africaine qui s’y était installée même si c’était dans des conditions déplorables. Des familles entières (père, mère et enfants) étaient assises en plein carrefour. Elles mangeaient sur place, en pleine rue, comme ils l’auraient fait chez eux.

Mais au-delà de cette pauvreté, ces personnes avaient, peut être, réussi, sans s’en rendre compte, l’intégration  africaine. Là où nos dirigeants ont échoué ou n’arrivent pas encore à trouver un consensus pour des raisons personnelles. Elles avaient bâti les Etats Unis d’Afrique (du moins elles vivaient ensemble) sans aucune considération de frontière.

Elles étaient Maliennes, Nigériennes, Gambiennes, Burkinabés, Guinéennes, Sénégalaises, bref plusieurs nationalités africaines s’y côtoyaient. Toutes à la recherche de la pitance. C’est du moins ce qu’un jeune malien, un habitué du coin,  m’avait confié. Ce dernier n’avait pas voulu en dire plus parce qu’il disait ne pas vouloir, seul, parler de la situation d’un groupe de personnes qui auraient pu penser qu’il les avait trahi. En effet, un d’entre eux avait une fois parlé à un journal de la place et cela avait été mal interprété par les autres. Depuis, la décision de ne plus parler aux médias sans le consentement des autres avait été prise. Quelle entente ! Cela supposait qu’aucun d’entre eux ne peut parler, même à son nom propre, sans l’aval des autres. Cela supposait aussi qu’il fallait un porte-parole pour parler de leur situation. Une seule voix donc pour tous les autres. Et si l’Afrique s’en inspirait?

N’est-ce pas l’image même qu’offre l’Afrique ? Des pays sous-développés dans un même continent et tous ont un même objectif : sortir du sous-développement. Sauf que dans ce cas précis, il n’y a pas d’entente pour supprimer les frontières et bâtir les Etats Unis d’Afrique : un seul Etat, une seule population, un seul drapeau, une seule monnaie, un seul chef d’Etat et une seule voix, comme les mendiants, pour représenter l’Afrique partout où besoin sera. Et si les chefs d’Etats africains suivaient cette voie ?

 

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07. déc.
2010
Entretien
0

Barcamp de Gorée, entretien avec les organisateurs

[AUDIO] Pendant mon passage au Barcamp j’ai pu décrocher deux des organisateurs pour parler de l’évènement: objectif, impacts, difficultés, prochaine éditions sont entre autres les sujets abordés dans cet entretien avec Aude Guyot et Mountaga Cissé.

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-I.mp3|titles=Barcamp entretien I]

SUITE

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-II.mp3|titles=Barcamp entretien II]

SUITE

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-III.mp3|titles=Barcamp entretien III]

SUITE

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-IV.mp3|titles=Barcamp entretien IV]

SUITE

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-V.mp3|titles=Barcamp entretien V]

 FIN

[audio:/files/2010/12/Barcamp-entretien-VI.mp3|titles=Barcamp entretien VI]

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05. déc.
2010
TIC
6

Barcamp de Gorée, de jeunes africains défient Shigeru Miyamoto (Nintendo)

J’ai fait un tour, samedi 4 décembre, à Gorée pour la deuxième édition du Barcamp. Un rendez-vous d’une centaine de jeunes informaticiens et amateurs d’informatique de tous bords. Objectif : promouvoir la créativité dans le secteur des Technologies de l’Informations et de la communications (TIC).

Décidément, la Senelec n’a pas fini de faire des victimes. Ce n’est pas le sujet mais une coupure d’électricité qui retarde le début d’une telle activité mérite d’être relatée. Mais bon oublions la Senelec. Parlons TIC.

Il y en a qui se demandent ce qu’est un Barcamp. Pas de souci ; je me suis intéressé à la question ett la réponse nous vient d’un des organisateurs de l’évènement, Mountaga Cissé, consultant en TIC : « Le Barcamp c’est une non-conférence. C’est un concept qui vient des USA en Californie plus précisément. En 2005, des jeunes informaticiens et passionnés du numérique se réunissaient pour partager leur expérience. Tout le monde participe, chacun apporte son expérience à partager avec les autres participants et ça se passe maintenant à Gorée aussi, pour 48 heures. L’objectif est de parler des dernières innovations technologiques, de partager ce savoir avec les professionnels du secteur, qu’il s’agisse des étudiants ou d’acteurs du secteur, pour, qu’au sortir du Barcamp, ils soient au courant de ces innovations et puissent les utiliser dans le cadre de leurs activités ».

Au programme, des présentations, entre autres, sur la création de sites web, sur le CMS (Content Management System/ Système de Management de Contenu), sur le Processing (création d’animations graphiques), sur le 3D avec le logiciel libre Blinder, sur le blogging, sur le jeu vidéo et des ateliers photo numérique… bref, tout un tas de choses que le commun des mortels ne pourrait comprendre. C’était, en fait, un monde des informaticiens dans lequel j’étais un peu perdu sauf pour le blog.

Il s’agissait de promouvoir la créativité et de vulgariser ses applications, de faire en sorte que, par exemple, un commerçant ou un artisan puisse apprendre comment créer un site web. C’est du moins l’avis de Aude Guyot, membre du comité d’organisation que j’ai rencontrée.

Le jeu vidéo à l’africaine

De cette 2ème édition du Barcamp, j’ai découvert des choses concernant le jeu vidéo que je ne pouvais pas imaginer. Ce n’est pas que je sous-estime qui que ce soit mais je ne savais pas que des jeunes africains s’intéressaient à ce point au domaine. Dans la présentation d’un groupe de  jeunes qui a mis en place un espace web collaboratif commun de joueurs en Afrique, j’ai su que des jeunes ghanéens ont crée une entreprise africaine dans le secteur du jeu vidéo qui s’appelle Leti Games, une entreprise qui pourrait concurrencer KONAMI, EA sport et autres. C’est utopique, diront certains mais « Yes, we can ». Autre chose à connaitre sur le jeu vidéo, FarCry2, un jeu développé à Montréal, qui se joue dans un environnement africain dont la musique est jouée par la star sénégalaise, Baba Maal. Seul hic, c’est un jeu de guerre comme pour dire qu’il n’y a que des conflits en Afrique.

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03. déc.
2010
Société
0

A chacun son boulot !

Ne dit-on pas qu’il n’y a pas de sot métier ? En tout cas certains ont bien compris ce dicton. Tous les moyens sont bons pour survivre, surtout à Dakar, pourvu qu’ils ne soient pas illégaux.

Marché Tilène de Dakar, des voix gênent l’écoute : on discute entre clients et marchands. Dans ce brouhaha, les « cocoricos » des volailles se font entendre. Des cages remplies de poules pour la vente sont superposées les unes sur les autres. D’autres, les pattes nouées, sont par terre. Sur un banc, des hommes sont assis derrière ces marchandises : ce sont les vendeurs.

Un homme, la quarantaine, s’approche des lieux. Il lance un « salam alaikoun ». En chœur, ils répondent « alaikoun salam ». Juste après, une voix rauque demande : « lo beugue » (que voulez-vous ?). Il répond : « Guinar » (poule) et demande à son tour « Gnata la » (c’est combien ?). Son interlocuteur répond « 5000 ». Après négociations, les deux s’entendent sur une somme de 2000 FCFA. Le commerçant lui demande s’il voudrait que l’animal soit égorgé et traité sur place tout en lui signalant que cela est sans frais pour lui. L’homme accepte sans poser de question. Il appelle ainsi celui qui est chargé de faire ce travail. 

Ce dernier, un jeune-homme d’une vingtaine d’année, répond à l’appel sans tarder. Il amène l’animal sur son lieu de travail : trois vases s’y trouvent. Le premier est rempli d’eau chaude, le deuxième de plumes et d’un long couteau et le troisième d’eau tiède. Dès qu’il s’y trouve, il se saisit de son couteau et pose la poule dans le vase contenant des plumes. Il lui tort le cou et y fait glisser le couteau : le sang gicle. Il plonge la volaille dans l’eau chaude. Quelques secondes après, il la tire de là. D’une main, il tient une partie de sa victime et de l’autre il arrache ses plumes. Après l’avoir déplumée, il lui coupe la queue pour faire une ouverture afin de sortir les intestins. Il coupe l’ergot la rince la poule. Il la met dans un sachet plastique et la remet au client. 

Ce dernier est tout satisfait du travail : « il vient de m’alléger la tâche. Si c’est moi qui devrait le faire, cela aurai pris beaucoup de temps pendant qu’il l’a fait en moins de cinq minutes. » lance t-il. 

Pour ce service, le vendeur dit qu’il lui donne 200 FCFA. Il apprécie aussi ce qu’il fait : « Il sait vraiment faire ce travail. Il peut traiter une dizaine de volailes en quelques minutes» 

Ce jeune-homme passe ainsi toute la journée au marché de Tilène à attendre les acheteurs pour accomplir sa tâche et gagner de quoi se nourrir même si c’est malgré lui. En tout cas à chacun son métier.

 

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Nondi, rien que ça

Auteur·e

L'auteur: Soumah

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